peut on vivre de son art?

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peut on vivre de son art?

Message par sylvain loisant le Dim 28 Mar 2010 - 19:54

Cette question est omniprésente depuis des siècles. Les artistes ont souvent recherché des bienfaiteurs, des clients, puis maintenant des sponsors ou des subventionneurs.
D'excellents artistes sont morts dans la misère et certains médiocres ont eu un succès mondain et financier.
Vivre de son art est une joie, mais cela peut nous amener dans de sombres voies de garage ou la lumière de l'esprit ne brille plus.
J'espère que ce forum nous permettra de trouver des réponses à ce défit permanent.
Je lance quelques questions: Une cote élevée est elle le signe d'un niveau artistique élevé? A quel moment l'artiste professionnel se compromet- t'il? Pourquoi beaucoup d' artistes amateurs sont- ils obscédés par la vente de leurs oeuvres même lorsqu'ils n'ont aucun besoin d'argent? Y at-il un rapport entre l'art et le commerce de l'art?
Je laisse de coté quelques centaines de questions que je soumettrai plus tard et avec grand plaisir aux visiteurs de ce forum.
Point de vue perso: vivre de son art est aussi difficile et dangereux que de lécher du miel sur une lame de rasoir
Sylvain

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Re: peut on vivre de son art?

Message par Thierry Marié le Lun 29 Mar 2010 - 6:57

sylvain loisant a écrit:
Point de vue perso: vivre de son art est aussi difficile et dangereux que de lécher du miel sur une lame de rasoir
Sylvain

Bon espérons que c'est un rasoir qui n'a pas servi parce qu'en plus d'être dangereux ça serait dégoûtant... Rolling Eyes

Mais on peut aussi répondre à cette question en la mettant à l'envers. Si l'on ne vit pas de son art, alors je ne vois que deux possibilités :

1. Soit on vit d'autre chose que de son art, et par conséquent d'une manière non artistique.
2. Soit on meurt de son art.

Une autre piste intéressante consiste à se demander si en cherchant à vivre de son art on risque de le tuer, ou bien si au contraire tout art pratiqué de manière vivante produit en retour de la vitalité économique.
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Re: peut on vivre de son art?

Message par philippe.rollot le Mar 30 Mar 2010 - 9:45

Pourquoi ne pas tout simplement vivre artistiquement ?
Vouloir vivre de son art, c'est aussi perdre le peu de liberté que nous avons encore...
Nous sommes dans l'ère de l'image voir de l'imagerie. Plus personne ne fait la différence entre le bon et le beau. Le professionnel et l'amateur. Combien de vos élèves pensent déjà à s'exposer et vendre avant même de progresser. Le Public arpentant les allées des expos ne reconnait pas le travail artisanal de base qu'est le respect de l'oeuvre et tout le cheminement créatif à sa réalisation. Le bon Travail est révolu au profit du beau travail. La concurrence déloyale des amateurs souvent éclairés participe au mélange des genres. Que dire encore de la prohibition des oeuvres importées de Made In.... vendues à la sauvette . Combien de pseudos peintres(ses). femme DE... s'exposant dans les lieux passants. Ayant un catalogue complet d'Ami(es) achetant par dépit amical le dernier pot de fleur de Mme l'Artiste. Faisant là encore concurrence déloyale aux artistes qui essaient de vivre de leur art. Ce gros mélange des genres ne participe plus à la valorisation du travail professionnel. La Maîtrise technique est complètement révolue au profit de la rentabilité et de la (encore) pseudo reconnaissance. Les professionnels patentés devraient être systématiquement invités aux expos... "J'expose donc je suis artiste" Et bien non ! si le spectateur était convié et éduqué dès l'enfance à faire la différence entre le bon et le beau travail, il est inévitable que : comme un cuisinier préparant un superbe plat mais mettant un kilo de sel dessus, rendrait son plat tout aussi beau mais devenu immangeable; tout public serait attiré vers le bon travail qui est le seul apanage des pros.... personne ne sais faire la différence entre le bon et le beau.. Le Professionnel réalise les deux. Enfin je m'emporte là....
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Re: peut on vivre de son art?

Message par Thierry Marié le Mar 30 Mar 2010 - 10:07

Hello Philippe !

D'accord pour distinguer le travail authentique (que tu appelles le bon) de l'esbroufe (le beau), mais il faut aussi s'entendre sur ce qu'on appelle un "professionnel". Je suppose que le terme a moins dans tes propos le sens que lui confère un certain statut social que celui d'une forme d'engagement - le fait de placer l'art au centre de sa vie.
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Et oui

Message par philippe.rollot le Mar 30 Mar 2010 - 10:43

Et w'oui !
Ce statut professionnel tant convoité et avant tout dans le comportement qui doit faire "osmose avec Tout". On ne devient pas artiste, on l'est" cette façon d'être, cet art de vivre est très difficile à acquérir. C'est un Graal pour les débutant qui recherchent la démarche artistique. C'est une bénédiction pour les autres qui ont cet instinct .

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Instinct artistique

Message par Thierry Marié le Mer 31 Mar 2010 - 7:35

C'est très intéressant, cette notion d'instinct artistique, et cela invite à la méditation.

Mais finalement, cet instinct artistique est-il autre chose que l'instinct de la liberté, cette vraie liberté qui passe par une traversée de la matière, et non par son évitement. D'où l'importance de la technique, entendue non comme une forme élaborée de violence faite à la matière dans le but de l'exploiter mais plutôt comme son érotisation gratuite .
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Re: peut on vivre de son art?

Message par carolus le Dim 6 Juin 2010 - 16:27

Pour être un bon artiste, il faut travailler ... sans cesse.
Il s'agit donc de pouvoir se dégager des contingences matérielles pour pouvoir se concentrer sur son art de façon optimale.
Plusieurs solutions :
-Trouver un mécène
-Trouver un conjoint fortuné (les fameuses 'femmes de')
-Être artiste-prof, en veillant à ne pas devenir prof-artiste.
-Se débrouiller pour paraître génial et vendre ses œuvres des millions de dollars.

Une chose est sure : mieux vaut ne pas avoir d'ennuis pécuniers si l'on désire vivre de son art ...


Very Happy


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Re: peut on vivre de son art?

Message par Thierry Marié le Lun 7 Juin 2010 - 0:25

Le meilleur moyen de vivre de son art est donc de n'avoir pas besoin de son art pour vivre. cyclops
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paradoxe

Message par sylvain loisant le Mar 8 Juin 2010 - 6:44

Effectivement, il est infiniment préférable de ne pas dépendre de la vente de ses oeuvres, mais dans ce cas, la pratique intensive n' est plus possible. Si nous devons passer 8 heures par jour comme barman, pompiste , magasinier pour survivre économiquement, il reste peu d'énergie pour le métier d'artiste. Sinon le métier d'artiste n'est accessible qu'aux rentiers, aux retraités.
Ce conflit permanent entre une intention "pure" de l'art et la nécessité "alimentaire" est aussi une opportunité de maintenir une intensité au fil du rasoir. Le danger de s'engloutir dans des fantasmes de reconnaissance, dans un conformisme commercial, dans les mondanité sont aussi grands que de s'enfermer dans une bulle égocentrique. Etre obligé au quotidien de vivre avec cette pénible tension peut développer parfois un instinct guerrier très utile à la pratique de l'art. Mais le plus souvent cela est dévastateur: ceux qui gagnent de l'argent croient que c'est le signe de leur génie, souvent il croient appartenir au monde des dieux. Ceux qui ne vivent pas de l'art sont souvent frustrés de diverses manières.
En fait, le contexte extérieur, favorable ou non nous lance un défi. Sommes nous chaque jour capable d'agir en artiste pour le relever.

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la vision d'un amateur...

Message par Bertin Roland le Mar 8 Juin 2010 - 13:00

Quand j'ai pris ma retraite après avoir pratiqué un métier que j'ai aimé faire et qui a correctement nourri ma famille, j'ai fais un petit discours que j'avais conclu ainsi: "maintenant, je vais pouvoir faire ce que je veux, quand je veux et à la vitesse que je veux"
Si je remplace "je vais pouvoir faire" par: "je peins" on trouve la motivation d'un artiste qui ne recherche pas particulièrement à se nourir, mais seulement à satisfaire un plaisir. peindre pour se nourir revient à peindre pour le plaisir d'un autre (le client). on peut craindre alors de répéter "ce qui paye", de suivre la tendance, la mode, le marché. Que devient alors la créativité. Ce qui m'épate dans mon activité de loisir, c'est quand je parviens à étonner, à surprendre. c'est là mon rapport avec le public.
peindre comme on veut, quand on veut, ce qu'on veut, est le luxe de l'amateurisme
Même si les ventes restent une forme de reconnaissance qui me motivent, je remercie encore mes parents d'avoir insisté pour me faire faire des études techniques malgré mes envies d'alors de carrière artistique.
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gloire

Message par carolus le Lun 28 Juin 2010 - 8:41

Pour ma part, je pense que la véritable motivation de l'artiste est la gloire. L'artiste est un grand narcissique qui cherche la reconnaissance universelle. Le fait d'exposer va dans ce sens. Le fait de supporter difficilement la critique négative aussi.
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complexité des motivations

Message par sylvain loisant le Jeu 15 Juil 2010 - 19:49

Lorsque je lis les messages de Roland et de Yann à la suite, je comtemple un fossé entre ces deux approches. Pour Roland la sécurité est la clé d'une vie réussie et l'art n'est qu'une activité de retraite. Pour Yann, la gloire est l'objectif suprème de l'art (quel que soit le prix à payer).
La sécuritté n'est elle pas la laisse de la servitude volontaire dont parlait La boétie, et le culte de l"égo (la fameuse gloire) n'est il pas la garantie d'un chemin arrogant stupide et mondain?
Je ne veux offenser personne, mais ces deux concepts: sécurité et gloire sont pour moi deux pièges terribles pour la pratique des arts, une ornière dans une voie de garage.
Le métier d'artiste peintre est un plongeon dans l'inconnu et dans le mystère qui est parfois effrayant, mais aussi vivant, énergétique et puissant. Comme le guerrier qui a la maitrise de son sabre comme seule sécurité, nous avons aussi la technique des arts plastique .comme seule sécurité. Et la seule gloire que je recherche est celle d'être capable de continuer à pratiquer jusqu'au bout, malgré les obstacles, les doutes, les échecs.
Amitiés


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Re: peut on vivre de son art?

Message par carolus le Ven 16 Juil 2010 - 8:45

Je maintiens : la motivation de l'artiste sérieux est la gloire.
Qu'elle soit consciente ou inconsciente, elle est le moteur de la création. Cette soif de reconnaissance habite chacun de nous, même toi Sylvain. Le besoin de créer vient d'un manque à combler. On ne devient pas artiste par hasard... Et même si tu penses que le désir de gloire comme moteur de création n'est pas très glorieux ( Very Happy ), l'important est ce que l'artiste en fait, l'important est sa sublimation.
Et c'est là que tous les artistes ne sont pas égaux ...

L'aspect narcissique du travail de l'artiste est indéniable. L'artiste donne à voir sa vision sensible du monde. Pour cela, encore lui faut-il la communiquer. C'est pour cette raison qu'il cherche à se faire connaître, à exposer, c'est pour cette même raison que l'écrivain cherche à publier sinon il se contenterait d'écrire un journal intime.

La gloire est (idéalement) la récompense à qui sait faire preuve d'excellence. Quel artiste ne rêve pas d'excellence ?
Jadis l'enseignement artistique passait par la copie des maîtres. Voici un bel exemple de vouloir égaler l'excellence, pour chercher à la dépasser ! (d'où la progression artistique du Trecento jusqu'au 18e siècle !)
Parce que justement, je pense que l'être humain se distingue aussi par son désir de vouloir se dépasser. D'où le phénomène de compétition entre artistes comme par exemple entre Michel-ange et De Vinci durant la Renaissance.

La recherche de gloire un "chemin arrogant stupide et mondain ?" Bouguereau, Ingres, Le bernin étaient-ils arrogants, stupides et mondains ? Je n'en sais rien mais je sais qu'ils ont produit parmi les plus grands chefs d'œuvres de tous les temps.

Pour ma part, le métier d'artiste ne comporte pas de mystères. Juste du travail, encore du travail, juste une exigence d'excellence avec une technique à améliorer sans cesse, complétée d'une sensibilité à nourrir en contemplant l'oeuvre des Grands Artistes d'antan.


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Un amateur...(qui aime)

Message par Bertin Roland le Ven 16 Juil 2010 - 10:49

Si ma motivation consciente est différente, peut-être alors que je ne suis pas "Artiste" (je n'en ai jamais revendiqué le statut) j'affirme seulement être peintre (dilletante de surcroit)
qu'est-ce qu'un Artiste?
après le ressort conscient ou inconscient de sa Motivation. quelle est la définition de la qualité d'Artiste?
j'affirme pour ma part ne pas être à la recherche de "ma voie" ne pas être préoccupé par mon positionnement, fréquenter les expos pour le plaisir d'y rencontrer mes amis et aprécier leur travail, peindre parceque j'aime peindre, sereinement. Ma peinture suscite plus de questionnements à mes proches qu'à moi-même.
quand un tableau est terminé, j'y porte un regard technique, refroidi, j'y deviendrais indifférent... mais j'avoue que j'aime connaitre la perception des autres, l'émotion communiquée. A ce stade le tableau ne m'appartient plus, il est dans le regard des autres.
Je préfère le plaisir de faire à la satisfaction d'avoir terminé.
Je ne recherche pas les honneurs, mais une distinction me touche, car elle me confirme la perception positive de mon travail. elle m'encourage à continuer (la gloire inconsciemment recherchée?)
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gloire gloire

Message par sylvain loisant le Dim 18 Juil 2010 - 16:07

Yann,
Peut être qu'il y a un malentendu sur le terme "gloire". Par exemple, Johnny Haliday connait une gloire immense, un courreur qui gagne le tour de France aussi. Si comme tu sembles le dire la gloire couronne le travail parfait, comment expliques tu que tant d'artistes mondains ( très souvent moyens sur un plan technique) connaissent cette gloire?
En tout cas, je ne cherche pas la gloire, bien que tu prétendes le contraire. Et je préfére la clarté éventuelle de ma vision artistique et une certaine authenticité plutôt qu'une démarche narcissique et compétitive. Je comprends parfaitement que tu suives ce chemin, c'est bien sûr ton droit, mais c'est justement parce que je l'ai suivi pendant des années que je le rejette avec détermination.
Pour moi, la compétition détruit la légèreté nécessaire à la pratique artistique, casse la fraternité qui pourrait naitre par une pratique commune avec des collègues. Je suis même surpris d'avoir à argumenter sur le fait que le culte de l'égo entraine des comportements de divas ridicules. Des talents remarquables se sont engloutis et détruits dans le trou noir de l'égo.
Tu as bien sûr aussi le droit de refuser tout mystère dans la pratique artistique, mais c'est ton point de vue. Tu peux le partager avec beaucoup de monde, mais tu ne peux pas le généraliser.
La pratique artistique est pour moi une magie permanente, un plongeon dans l'inconnu. La technique est ma boussole. J'aime comme toi la technique, mais elle n'est "pour moi" qu'un outil. Par exemple, j'admire la technique des peintres que tu cites en exemple Ingres, Bouguereau, mais je n'aime pas du tout leurs oeuvres. Elles m'ennuient, mais je comprends et je respecte le fait que d'autres personnes les aiment.

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suite

Message par sylvain loisant le Dim 18 Juil 2010 - 16:16

Je suis d'accord sur le fait que l'élan créatif des jeunes peintres prend souvent hélas, la forme que tu décris.
Nous pouvons nous mettre d'accord si tu entends "émulation" derrière le mot "compétition" que tu utilises dans ta réponse.
Nous aurons l'occasion, j'espère de débattre de vive voix de tous ces sujets complexes.
cordialement.

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Re: peut on vivre de son art?

Message par carolus le Lun 19 Juil 2010 - 6:55

Selon le dictionnaire de l'Académie Française, la gloire est "la renommée brillante, universelle et durable, l'éclat que les vertus, le mérite, les grandes qualités, les grandes actions ou les grandes œuvres attirent à quelqu'un."

C'est bel et bien mon propos.
Mais je ne développerai pas plus, expliquer l'évidence me fatiguerait trop vite.

Je respecte ta position Sylvain, elle est très affirmée et elle semble être le fruit d'une longue réflexion.
Merci de la partager.
Pourrais-tu à ton tour mentionner les artistes qui stimulent ta créativité ?
Qui sont ces "artistes mondains" glorieux, et cela malgré une technique médiocre ?


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Re: peut on vivre de son art?

Message par Thierry Marié le Mar 14 Sep 2010 - 9:12

Pour la dernière question, il suffit de demander à l'homme de la rue quel est le plus glorieux sculpteur français presque vivant. La plupart des gens qui seront capables de donner un nom (déjà que 1 % de la population) répondront... César, parce que c'est lui qui a fait le "césar" de la cérémonie éponyme... et que c'est le seul qu'ils connaissent. Wink

Et pour la technique, César... Neutral
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Il est certainement possible, mais la partie n'est pas forcément gagnée d'avance...

Message par paulous le Sam 24 Nov 2012 - 9:05

Vivre de son art, c’est un rêve pour beaucoup mais qui peut devenir réalité, et, cerise sur le gâteau, sans compromission. Bien entendu, à trente ans un tout jeune sculpteur aura bien du mal à se payer la villa de Deauville et le chalet de Chamonix, mais en restant plus modeste dans ses choix de consommation, vivre de son art, il peut y arriver. Il n’y arrive pas forcément, mais il peut. J’ai eu l’immense bonheur de côtoyer longtemps un très grand nom de la sculpture et de l’eau forte, décédé il y a peu : Pierre Brun. Il a 25 ans lorsqu’en 1940 il est fait prisonnier et emmené en Allemagne. Ses premières sculptures, là-bas, il les fait avec la glaise du camp. Première grande distinction ‘Prix National des Arts’, quatre ans après sa libération…. quatre ans ! en 1951, à 36 ans, sur concours il devient professeur de sculpture à l’école des Beaux Arts de Saint-Etienne … 1988, médaille d’or au salon des artistes français… La compromission, il ne connaissait pas. Régine Lussan qui l’exposait en a eu quelques exemples lors des colères de Pierre Brun… tout cela pour expliquer que vivre de son art, et sans compromission, c’est dans l’ordre du possible, pas facile, mais possible.

Sur le reste du sujet, Je diverge un petit peu lorsque l’on parle du bon et / ou beau travail. Je me demande si c’est le travail en lui-même qui compte… bien fait, selon les règles, avec méthode et application, avec soin… ou si c’est le résultat du travail. Ma préférence me pousse vers le résultat. Lorsque je suis émerveillé par telle œuvre, (souvent peinture ou sculpture), je ne me demande pas trop si c’est du bon travail. Lorsque l’émotion gagne, n’est-ce pas ce qui est le plus important ? Justement, n’est-ce pas cela qui peut différencier le bon besogneux de l’artiste de talent : le premier travaille bien, le second transmet une émotion. Et l’acquéreur d’art, celui qui veut avoir chez lui l’œuvre produite, sur quelles bases va-t-il faire son choix ? La quantité et qualité du travail fourni ou le plaisir à regarder cette peinture ou sculpture ?

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Re: peut on vivre de son art?

Message par Nicolas Pierre Victor le Lun 22 Juin 2015 - 11:56

Bonjour,
Je peins depuis une vingtaine d'années mais je n'ai jamais vendu une seule oeuvre, j'ai fais 2 peintures chez un ami, sur un mur et sur une grande planche, et je fais parfois cadeau d'une oeuvre pour un anniversaire, ou parce-que quelqu'un de ma famille m'a demandé un tableau de fleurs pour décorer son salon. Je n'avais jamais pensé vouloir vendre jusqu'à peu et je commence à y songer, mais à vrai dire je ne suis pas pressé. Je veux simplement réagir sur les concepts de bon travail et de beau travail.
J'ai souvent entendu que l'art n'avait pas vocation à être beau, mais qu'il devait avoir une valeur créative, unique et qu'au fond le bon travail prévalait. Je ne suis pas d'accord. En ce qui me concerne une oeuvre d'art doit s'exprimer seule, sans commentaire, elle doit toucher le spectateur sans avoir recours à la moindre explication, tel un poème qui n'a pas vocation à avoir un sens précis, mais cherche à faire vibrer une corde quelque-part dans le coeur ou des souvenirs d'enfance.
Ainsi, selon moi, qui suis je l'admet assez néophyte, une vulgaire rose dans un bête pot peut être artistique si je m'arrête pour admirer la petite pétale qui est tombée sur la nappe et sur laquelle brille une petite perle de rosée. Un tableau entièrement noir qui ne m'inspire rien et devant lequel j'oublie de m'arrêter, ne m'étant pas rendu compte qu'il s'agissait d'une "oeuvre d'art", n'est pas de l'art au sens ou moi je l'entend. Cependant je conçoit parfaitement qu'on puisse aimer, ce n'est pas parce-que je ne comprend pas l'intérêt d'une oeuvre qu'il n'y en a pas.
Je sais que j'ai un discours scandaleux pour pas mal d'artistes mais si on doit attendre qu'une oeuvre soit bonne pour la qualifier d'artistique, alors je préfère considérer que je ne suis pas un artiste, et continuer à peindre du beau, sans chercher de l'intelligence mais seulement de l'émotion, du sentiment et du bien-être, et apprécier ce qui est simplement esthétique.
Peut-on vivre de ce genre d' "art" je pense que oui, mais pas pour pêcher l'espadon dans un yacht, plutot en barque pour pêcher la carpe, il suffit de voir ce que les gens accrochent chez eux.
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