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L'art caché, un livre d'Aude Kerros (extraits)

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L'art caché, un livre d'Aude Kerros (extraits)

Message par Thierry Marié le Mar 6 Nov 2012 - 0:57



Un livre de Aude de Kerros :
http://librairie.immateriel.fr/en/ebook/9782212539332


Description


"L'art contemporain" ne signifie pas l'art d'aujourd'hui. C'est un label qui estampille une production particulière parmi d'autres : l'art conceptuel promu et financé par le réseau international des grandes institutions financières et culturelles et, en France, par l'État.

Né dans les années 1960, il est apparu dans les années 1980 comme le seul art légitime et officiel ; mais ce temps semble toucher à son terme. Sa visibilité officielle occulte un immense foisonnement créatif : l'art dit "caché", suite naturelle de l'art depuis le paléolithique. On y trouve aussi bien le "grand art" que les artistes amateurs.

Plus encore, le "grand art" aujourd'hui suit des voies singulières ; il n'est plus porté par aucun style ; il est donc difficile à reconnaître et à apprécier. Mais il existe et qui veut le chercher le trouve !

Cet essai très documenté explicite l'histoire et la nature de l'art contemporain. Il retrace les péripéties de la controverse, le plus souvent souterraine, qui agite le milieu de l'art depuis plusieurs décennies, jusqu'à ses tout derniers épisodes. Il dévoile cet art dissident que l'art officiel cache. Et surtout, il rend la parole aux artistes sur leur pratique et sur le sens qu'ils lui donnent.

Extraits :

Enfants de la table rase

Deux autres générations suivent. Encore proches, elles sont plus difficiles à discerner. Elles ont en commun le fait marquant de n’avoir pas bénéficié de la transmission du métier. La rupture visible a lieu en mai 1968.
En l’espace d’une décennie, la « société des artistes » a disparu. Depuis plusieurs siècles en Europe, cette société regroupait des gens aux modes de vie différents : artistes, intellectuels, amateurs de tous milieux et origines. Ils partageaient des valeurs, des comportements non conformistes, favorables à la création et au mouvement des idées. Ce tissu essentiel fournissait à l’artiste un soutien et une première reconnaissance, celle de ses pairs et celle de ses amateurs. Les marchands en faisaient partie mais n’en étaient pas le cœur. Sa disparition laisse l’artiste isolé face aux marchands qui ont en main collectionneurs et institutions en mesure de constituer le réseau nécessaire à fabriquer de la valeur. Le monde des artistes est désormais marginalisé et divisé.
Par ailleurs, il est devenu très difficile à un peintre, un graveur et un sculpteur de se former. Son absence de maîtrise le rend dépendant.

La troisième génération


Les artistes de cette génération avaient vingt ans en 1968. Leur maturation artistique s’est produite au milieu de la confusion produite par cette tempête. Ils ont mis très longtemps à y voir clair. Ils ont souffert d’un manque de formation mais ils ont néanmoins connu l’amitié de leurs aînés et ont appris à leur contact. Ils ont bénéficié de l’époque favorable des années 1980 pour se faire connaître avant de souffrir du durcissement sectaire des années 1990. Ils ont vu le schisme se produire sous leurs yeux.

La quatrième génération


Ils avaient vingt ans dans les années 1990. Ils ont appris l’AC aux Beaux-arts et ils ont découvert l’art par hasard comme une terra incognita. Le « chemin à l’envers » vers la peinture a été difficile car les enseignements étaient devenus rares. En revanche, ils n’ont pas vécu l’usure de la peinture et les impasses de la modernité, ils ont un regard neuf. Ils n’ont pas été rongés par la culpabilité mais ont subi la solitude, l’absence d’intérêt du milieu intellectuel et artistique, l’indifférence du public. Ils ne font pas carrière, c’est impossible ! Ils vivent leur vocation à la fois comme une découverte du réel et une aventure spirituelle.
Ainsi les quatre générations d’artistes destitués par le schisme ont eu des expériences et des évolutions très diverses. Ils sont singuliers, ils n’appartiennent généralement pas à des écoles ou des mouvements qui les conforteraient. Leur unique point commun est le sentiment d’une nécessité intérieure, d’une « vocation » - le mot est tabou et sonne comme l’évocation d’un lointain obscurantisme idéaliste.

Les frontières de l’art et du non-art

Il est bien évident que les frontières entre art et « art contemporain » ne sauraient être si nettes. Beaucoup d’artistes ne se résolvent pas à accepter le schisme.
Pour survivre à la réprobation et à l’isolement, les peintres tentent d’accommoder dans leur art les exigences contraires de l’art et de l’AC.

La solution est donc de faire une incursion dans l’AC, d’en adopter un aspect pour légitimer leur œuvre, par ailleurs picturale. Plusieurs possibilités s’offrent à eux :

· habiller l’œuvre d’un discours ;
· adopter des sujets liés à la transgression ;
· choisir des sujets négatifs, nuls, ou violents ;
· gâcher le beau travail pour écarter le soupçon d’esthétisme ;
· créer un événement médiatique.


Les auteurs d’AC cherchent, quant à eux, à échapper aux limites austères de l’AC et se laissent aller à la fascination de l’art défendu. Ils passent subrepticement du côté de l’art, osant la peinture ou la sculpture en l’accompagnant d’un discours conceptuel pour écarter les soupçons et échapper au bannissement.
Le premier à pratiquer cet exercice fut Le Gac. Il a inventé l’association « installation-discours-tableau » dès les années 1970. La plupart des artistes de Support-surface ont inventé des stratégies analogues : Cane, Bioulès, Buraglio, ont tenté peu à peu de faire un retour à la peinture en tenue de camouflage. Garouste leur a emboîté le pas dans les années 1980. Extrêmement prudent, il déclare toujours qu’il ne fait pas de la peinture, soigne la présentation conceptuelle de ses œuvres et les entoure d’un rideau de fumée pour faire tranquillement son travail, oh combien pictural ! Ce, sans quitter les protectrices institutions qui pourraient lui faire payer cher sa trahison.
Grande est l’ingéniosité des artistes du non-art pour transgresser le plus grand tabou existant aujourd’hui : la beauté, le sens positif de la vie, malgré la mort et le mal.

« Les marécages du conceptualisme peint »

Ces trafiquants franchissent les frontières dans les deux sens à la recherche de ce qui leur manque. Les peintres veulent le label « contemporain », l’image valorisante afin de sortir de leur relégation. Les conceptuels veulent échapper à la dureté de leur mission de « dénonciateurs » et se laisser aller aux douceurs du monde sensible. Schizophrènes, ils refusent le schisme. Ils exigent tout et ne veulent renoncer à rien.
Cela donne une production hybride que l’on pourrait nommer le « conceptualisme peint » : c’est de la peinture par son support et ses pigments, mais sans démarche picturale. L’unité intellectuelle et physique qui caractérise l’art, selon Vasari, est absente. C’est un détournement duchampien de la peinture, un prétexte à concept sans souci d’accomplissement de la forme. Cela donne lieu à des « procédures », pour employer le jargon conceptuel, infiniment diverses : détournement, manipulation de ses images, citation, coupé-collé, etc. C’est un discours, un schéma mental déposé sur un support traditionnel en raison de sa commodité et de sa négociabilité.
Dans cette catégorie d’œuvres, il en est d’authentiquement conceptuelles comme celles de Carole Benzaken, parfaitement claire lorsqu’elle dit qu’« il n’y a aucune essentialité dans sa peinture ». Il n’est pas question pour elle d’exprimer une « présence », une quelconque harmonie entre le fond et la forme. Elle n’a pas d’ambition expressive ou esthétique. Sa démarche est sans ambiguïté et elle a mérité le prix Marcel-Duchamp qui lui a été décerné en 2006.
En revanche, n’y a-t-il pas quelque ambiguïté dans la démarche d’Anselm Kiefer au Grand Palais en juin 2007 ? Pour montrer quelques œuvres qui relèvent indubitablement de la peinture, il a été obligé d’occuper de façon éphémère l’immense espace et de créer une mise en scène apocalyptique… Sans spectacle comment montrer de la peinture pour qu’elle soit vue et relayée par les médias ?

Le conceptualisme naïf


Il y a aussi des formes moins pures de « conceptualisme peint »… Il y a tous ceux qui font du concept parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Ils ignorent tout de la peinture et n’ont pas même la notion de picturalité. Ils ne peuvent pas la concevoir car il n’est pas idéologiquement acceptable de dire que toute personne qui écrit ne fait pas forcément de la littérature, et toute personne qui peint de la peinture. Tout le monde se vaut, tout est égal. Ils sont donc enfermés dans le conceptualisme simplement parce qu’ils n’ont aucune connaissance de la nature des liens existant entre le fond et la forme.
Autoproclamés « artistes », ils sont duchampiens sans le savoir.

Les courants de l’art caché


En raison de ces transferts et infiltrations frontalières entre art et AC, l’« art caché » est donc un vaste continent où tout n’est pas de l’art… On distingue d’abord l’immense cohorte des peintres autodidactes travaillant le dimanche, avec...

Le marché des « chromos »

Il existe un art dans l’ombre de l’AC, ainsi qu’un marché. La réalité est là, recouverte d’un voile, en l’occurrence d’un mot, le « marché des chromos ». Pour monétiser l’AC, il faut démonétiser l’art.
Le « marché des chromos » est l’expression communément admise dans le milieu de l’art officiel pour désigner l’obscur commerce de l’art qui leur échappe. Ce terme péjoratif est un concept de sociologues. On le doit à Raymonde Moulin notamment, qui a beaucoup écrit entre 1962 et 2000 sur l’artiste, la valeur, le marché, les collectionneurs et les institutions. Elle établit une typologie de l’art actuel avec l’« art contemporain » d’un côté et « l’art des chromos » de l’autre, pour expliquer l’existence de deux marchés sans rapport entre eux. L’un est « contemporain » et l’autre non, pourtant les deux sont faits au même moment. Voilà qui est plus idéologique que logique, ces concepts manquent de la plus élémentaire neutralité nécessaire à la pratique de la sociologie. Telles sont pourtant les définitions reprises couramment dans les livres d’analyse économique de ce marché :
« Le marché des chromos rassemble des œuvres homogènes et substituables, l’“artiste chromo” ne respecte pas le critère d’originalité, il produit un art de facture traditionnelle...
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Re: L'art caché, un livre d'Aude Kerros (extraits)

Message par carolus le Mer 7 Nov 2012 - 8:03

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Re: L'art caché, un livre d'Aude Kerros (extraits)

Message par Thierry Marié le Sam 10 Nov 2012 - 0:46

Excellents liens.
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