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Créateurs en mal de provocation

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Créateurs en mal de provocation

Message par carolus le Mer 13 Oct 2010 - 7:34

Un papier du Monde Diplomatique à propos de l'art dit contemporain :
http://www.monde-diplomatique.fr/2010/04/DUFOUR/19029

L'état de l'art d'aujourd'hui :
http://arts.fluctuat.net/blog/45798-l-acte-d-amour-de-maurizio-cattelan-a-la-bourse-de-milan.html



Du « second degré » dans l’art contemporain
Créateurs en mal de provocation

Réitérant à tour de bras le fameux geste de Marcel Duchamp exposant un urinoir, sans voir qu’il a perdu toute charge subversive, l’art contemporain le plus médiatisé ne fonde plus sa légitimité que sur le snobisme, et sur la valeur marchande générée par celui-ci. Conformiste dans son individualisme capitaliste exacerbé, il éclipse, par sa prétention tapageuse, la démarche d’artistes plus discrets, dont l’œuvre conserve une réelle dimension libératrice.
Par Dany-Robert Dufour

L’art contemporain est révolutionnaire ; en conséquence, ceux qui ne l’apprécient pas sont soit de francs réactionnaires, soit des réactionnaires qui s’ignorent, c’est-à-dire des néoréactionnaires. De telles étiquettes sont aujourd’hui systématiquement posées sur tous ceux qui osent encore s’interroger devant certaines œuvres et pratiques de l’art contemporain. Plutôt que de courir le risque d’être soupçonné de populisme, d’incompétence ou de sottise, rien d’étonnant si l’on choisit le plus souvent de taire ses réserves. Vous préférez-vous réactionnaire ou révolutionnaire ? Du côté de la modernité ou de l’académisme ? Ce procédé, qui clôt tout débat avant qu’il ne commence, a une remarquable efficacité, dont les ressorts et les objectifs méritent assurément d’être élucidés : car, s’il est déployé aussi bien dans un certain type de discours sur l’art que dans un certain type d’art indissociable de ce discours, de façon bien plus large il opère également dans le vaste domaine de la rhétorique politique. Le champ artistique examiné ici sert donc de « modèle », destiné à en éclairer les enjeux.

Pour en analyser le fonctionnement, il n’est pas inutile de prendre pour exemple l’énoncé fondateur de la pensée libérale, proposé par Bernard de Mandeville dans la fameuse Fable des abeilles (1704) : « Les vices privés [l’égoïsme, l’avidité...] font la vertu publique. » Autrement dit : « Ce que vous prenez pour du vice est en réalité vertu. » Ou bien encore : « Si vous vous en tenez au premier degré, c’est du vice, mais si vous le prenez au second degré, c’est de la vertu. » Ce discours est pervers, au sens clinique du terme, et non pas moralisateur, dans la mesure où il fait du problème (la violence souvent dévastatrice des passions et pulsions issues de cet amour de soi qu’on nomme l’égoïsme) la solution. Pervers, il l’est même doublement, puisqu’il brouille tout repère, en revendiquant de pouvoir tout dire et son contraire : le vice est vertu, le blanc est noir... Cette rhétorique-là agit donc en machine de destruction de toute argumentation critique, qui s’appuie au contraire sur la distinction entre le vrai et le faux.

Pour atteindre ce « second degré », il suffit que celui qui parle exhibe ce que personne ne doit exhiber : il se livre ainsi à une provocation, c’est-à-dire, selon l’étymologie, à un appel, qui peut sonner comme un défi. Par la provocation, j’appelle l’autre à me suivre, en le mettant au défi d’oser le faire. Provoquer, c’est donc savoir qu’on dit... ce qu’il ne faut pas dire. Mais comme je sais très bien que je ne devrais pas, non seulement on ne saurait me le reprocher, mais surtout je hisse l’autre à mon niveau, je circonscris un lieu où nous sommes entre nous, cercle restreint d’esprits supérieurs, décomplexés, où tout peut se dire, au contraire de l’espace public, marqué par des inhibitions multiples.

Cette ruse rhétorique a donc pour fonction de compromettre l’interlocuteur, en suscitant son intérêt et son... intéressement, avant d’obtenir sa connivence — « Vous voyez ce que je veux dire... » Même s’il ne voit pas vraiment, il a tout intérêt à répondre affirmativement, sous peine de s’exclure de ceux qui savent et... de se placer ainsi dans la position de l’imbécile qui ne mérite pas d’entrer dans le cénacle des initiés.

Cet art de la manipulation, caractéristique de la publicité, s’applique aujourd’hui aussi dans l’art contemporain, quand il devient un lieu où se cherchent tous les moyens possibles de compromettre le spectateur : intérêt, intéressement, connivence.

Les exemples ne manquent pas. Il suffit de penser aux œuvres des artistes parmi les plus réputés de notre époque. Du Belge Jan Fabre, qui présentait récemment au Louvre un choix d’excrétions diverses du maître lui-même, à Jeff Koons, fameux pour ses divers caniches géants, la bonne vieille recette compromission-connivence déploie sans faiblir dans l’art postmoderne la stratégie dûment payante du « second degré » : 1) provocation sans tabou ; 2) qui ne produit aucune autre signification ; 3) d’où s’ensuit la rumeur médiatique qui enclenchera... 4) une intéressante spirale spéculative.
Confusion entre innovation
et quête du sens

Dès 1996, Jean Baudrillard, dans un article d’autant plus courageux que son auteur était alors fréquemment invoqué par les tenants de cet art du « second degré », avait démonté l’astuce : « Toute cette médiocrité prétend se sublimer en passant au niveau second et ironique de l’art. Mais c’est tout aussi nul et insignifiant au niveau second qu’au premier. Le passage au niveau esthétique ne sauve rien, bien au contraire : c’est une médiocrité à la puissance deux. Ça prétend être nul. Ça dit “je suis nul !” — et c’est vraiment nul (1). »

Baudrillard voyait dans cette nullité à la puissance deux un véritable galvaudage de la négativité que porte l’art. Essentielle, elle tient à sa capacité à se défaire des certitudes les mieux ancrées, à la seule fin de relancer la quête du sens, c’est-à-dire la recherche de sens nouveaux. L’art ne se réduit pas à un discours, un message, il dit ce que l’on ne sait pas encore, il rend visible ce qui n’était pas encore répertorié, il ajoute au monde connu.

Or cette quête révolutionnaire se trouve désormais, dans l’art contemporain officiel, réduite à de la simple innovation, cette caractéristique de la production capitaliste, très logiquement exigée par le besoin de créer de nouveaux désirs. Il s’ensuit une confusion majeure entre la simple innovation et la quête du sens. C’est là ce dont est victime l’art contemporain. Ce qui pourrait s’exprimer par une loi : plus le marché de l’art sera puissant, plus les conditions générales du marché tendront à s’imposer à la production artistique. L’art contemporain se bornera alors à produire de l’imprévu, de l’inattendu certes, mais dépourvu de toute signification potentielle.

L’art véritablement révolutionnaire, qui décompose le monde pour mieux le recomposer, ouvre à un rire salutaire, très précisément libérateur. L’art contemporain rit d’un tout autre rire, le rire nihiliste qui affirme qu’il se moque éperdument de toute valeur axiologique et qu’il n’y a rien à chercher : l’art n’existe que par la puissance du moment qui le reconnaît comme tel, et voilà tout.

Cet art « narcynique », à la fois narcissique et cynique, est difficile à démasquer parce qu’il repose sur une prémisse « ultradémocratiste » très en vogue : il serait impossible de distinguer un objet réellement artistique d’un objet quelconque, parce qu’il faudrait alors introduire une hiérarchie. Or toute hiérarchie impose des valeurs, ce qui revient à faire preuve d’un penchant plus ou moins avoué pour l’ordre, tout ordre étant en puissance porteur de totalitarisme : banalités dignes des brèves de comptoir, on agite alors le spectre du fascisme ou du stalinisme, dans le champ politique, tandis que, dans le champ philosophique, le « totalitarisme » menacerait avec le criticisme hérité d’Emmanuel Kant par exemple.


L’acte « critique » sépare le principe du vrai et celui de l’illusion, ce qui suppose en effet toujours un « tribunal de la raison » (2). Donc, pour éviter le tribunal, la Terreur et autres dictatures, on se refuse à toute hiérarchie critique, ce qui permet de donner à un tas d’excréments la dignité de l’objet artistique, dans la mesure où il est supposé avoir autant de valeur que n’importe quelle œuvre — voire davantage, dans la mesure où, ayant renoncé à la re-présentation, qui implique une coupure nette entre ce qui est « présenté » et la réalité, cet art contemporain présente directement, sans mise à distance symbolique, la provocante pulsion, celle de l’artiste, ou celle par laquelle il a été investi comme objet d’art, ce qui est le rôle des collectionneurs, dont l’un des plus emblématiques est certainement M. François Pinault (3).

L’ironique création de l’artiste belge Wim Delvoye intitulée Cloaca (2000) présente un tube digestif humain impeccablement fonctionnel, et qui fonctionne effectivement, sous le contrôle d’ordinateurs : le produit des digestions, emballé sous vide et marqué d’un logo pastichant ceux de Ford et de Coca-Cola, est vendu environ 1 000 euros pièce. C’est la plus belle métaphore de ce système.

On voit comment la rhétorique perverse mène à l’obscénité : s’y affirme qu’on peut, qu’on doit pouvoir tout constituer en objet vendable. Si exhiber ce qu’on ne saurait montrer, ce que seule la pulsion justifie, fait de l’art et fait de l’argent, chacun est alors libre d’agir en fonction d’une intériorisation individuelle de la loi du marché, cette loi qui s’appuie sur la demande de satisfaction des pulsions, et ne se soucie que de la jouissance, directe, revendiquée, exhibée, étant bien entendu qu’il est d’autres jouissances que sexuelle. C’est là ce qui se joue dans l’art en régime ultralibéral.

Cette tolérance de l’art contemporain pour le n’importe quoi n’est pas anodine. Puisque c’est au nom même de la liberté d’expression que les propositions les plus intolérables devront être tolérées, comment ne pas voir que cet ultradémocratisme est exactement, sur le plan politique, ce qui peut directement conduire à la tyrannie — on sait d’ailleurs possible cette conversion depuis La République de Platon.

On a ainsi assisté à une sacralisation de l’acte... fumiste, qui s’est longtemps justifié par référence au geste de Marcel Duchamp exposant, en 1917, le ready-made Fontaine, un urinoir standard ainsi rebaptisé. Mais la différence est cinglante. Cet acte était alors hautement subversif puisqu’il interrogeait tout : le statut de l’objet industriel, celui de la création, l’art aux Etats-Unis (4), le sexe des objets, la fonction d’une exposition... Les nombreux artistes qui, à partir des années 1960, s’en sont réclamés, se sont contentés de reproduire ce geste, duplication vide de tout enjeu : nous sommes entrés dans l’ère du « comme si », qui ne pouvait conduire qu’à la « commédie » de la subversion (le mot est du romancier et essayiste Philippe Muray).

Ladite « commédie » concerne aussi bien le spectacle vivant. Quand Jan Fabre présente, au Festival d’Avignon de 2009, L’Orgie de la tolérance, s’exhibent masturbations et orgasmes, avec un sérieux grotesque dépourvu de tout sourire rabelaisien. Le spectacle apparaît ainsi pour ce qu’il est : simplement pornographique, appuyé sur le recours au « second degré » complice, qui permet toutes les ambiguïtés. La scène classique également se décomplexe. L’Armida présentée au Komische Oper de Berlin en juin 2009 faisait ainsi se rencontrer le compositeur Gluck (5) et Sade ! Le livret de Philippe Quinault donnait lieu à une scénographie et à des jeux d’acteurs, le plus souvent nus, dignes de La Philosophie dans le boudoir. Le metteur en scène, Calixto Bieito, n’a d’ailleurs pas hésité à délivrer les pensées fortes qui l’ont inspiré : « La modération tue l’esprit », « la colère et la haine peuvent être une force motivante utile », « l’animalisme est parfaitement sain », « vous pouvez seulement comprendre quelqu’un de votre sexe »...

Ce pense-bête sadien au rabais, avec lequel, de plus en plus souvent, on aborde aujourd’hui les œuvres classiques, se revendique, évidemment, comme subversif : c’est là sa seule légitimité... Mais cette subversion ne consiste qu’à affirmer le principe libéral fondamental : il n’existe aucune autre réalité que celle de l’individu ; tout ensemble social n’est que le résultat de l’action des individus ; enfin, les hommes visent toujours dans leurs échanges la maximisation de leurs gains. L’alter ego n’est donc plus compris comme la condition de la réalisation de chacun, mais comme un risque permanent d’empêchement : art et civilisation du « tout à l’ego », revendiquant sourdement qu’il n’y ait pas de limite à ce à quoi l’individu a droit. Quelle belle subversion, qui veut confondre l’aliénation même et la libération !

Il n’en existe pas moins toujours des artistes véritables, travaillant d’autres aspirations que l’appétit de toute-puissance cher au capitalisme : chez les peintres, de Bram Van Velde à Zoran Music, de Jean Dubuffet à Paul Rebeyrolle, pour s’en tenir aux plus anciens, mais aussi bien au théâtre, avec par exemple Michel Schweizer, qui, dans Bleib, s’appuie sur le rapport du chien-loup à son maître pour explorer ironiquement la férocité du monde actuel, ou encore Pierre Meunier, qui, dans Sexamor, explore ce qui circule entre l’homme et la femme. Avec d’étranges et délicates machines, tous, loin des tribunes officielles, sont capables, par le jeu de l’imaginaire et la mise en perspective critique, de métaphoriser et donner à penser l’humain — ce qui est le rôle d’un art authentiquement libérateur.
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par carolus le Mer 13 Oct 2010 - 9:56

Luc Ferry : "un art qui ne cherche qu'à choquer"
http://www.valeursactuelles.com/dossier-d039actualit%C3%A9/dossier-d039actualit%C3%A9/luc-ferry-%E2%80%9Cun-art-qui-ne-vise-qu%E2%80%99%C3%A0-choquer%E2%80%9D20100916.html

Vous avez publié cet été une tribune dans le Figaro intitulée « L’art contemporain est-il nul ? », dans laquelle vous écrivez notamment : « Si on pense l’œuvre en termes d’innovation ou de rupture avec la tradition, rien n’est plus génial que la haute culture du temps présent. Si on la pense en termes de beauté, aucune période n’est plus misérable. » Qu’est-ce qui vous a poussé à une prise de position aussi provocante ?

Provocante ? Vous trouvez ? Je n’ai fait que formuler une évidence. Clairement, l’art contemporain a rompu avec l’idée de beauté. Tous ses pères fondateurs l’ont du reste proclamé haut et fort. Il suffit de les lire. Comme l’écrivait Leibowitz dans son Introduction à la musique de douze sons, lui qui fut le professeur de Boulez et de tant d’autres compositeurs contemporains, l’idée même de beauté relève d’un « psychologisme faux et confus », « stupide » et même « odieux ». Pour l’essentiel, ce n’est pas la beauté, mais la rupture et l’innovation, l’originalité et la table rase du passé qu’ont voulu mettre en scène les avant-gardes.

Comme le disait Jean-François Lyotard, le but de l’art moderne est de « présenter qu’il y a de l’imprésentable », de la différence absolue, de la dissonance, de l’inconscient, du « hors concept », quelque chose comme cet absolument “autre” qu’est l’Être de Heidegger ou les pulsions selon Nietzsche.

Dans ces conditions, à la question de savoir si l’art contemporain est nul ou passionnant, il n’est aucune réponse univoque. Tout dépend du critère d’appréciation retenu. Oui, je vous le redis, si on pense l’art en termes d’innovation et de rupture avec la tradition, alors l’art contemporain est bouleversant. Si on le pense en termes de beauté, il est d’une insigne médiocrité. Les deux critères d’appréciation sont possibles. De là, sans doute, les polémiques inextinguibles qu’il suscite encore aujourd’hui.

L’art contemporain est aujourd’hui particulièrement protéiforme. Peut-on cependant en définir des lignes de force qui le caractériseraient au-delà de la diversité de ses manifestations ?

Au-delà d’une infinie variété de surface, une tendance lourde chemine toujours : celle de l’innovation radicale, de la tabula rasa, de la subversion et de l’originalité à tout prix, fût-elle insignifiante. Quand Cage a fait son concert de silence, Klein ses expositions sans tableau et les situationnistes leurs films sans image ni bande sonore, on a atteint une espèce de limite. Pourquoi en est-on arrivé là ? Ce que j’explique dans mon prochain livre, la Révolution de l’amour, c’est que, depuis les années 1850, un nouvel idéal de vie apparaît en Europe : l’idéal de la “vie de bohème”. Il naît à Paris, mais s’étend bientôt à tout l’Occident. Il s’agit, pour les jeunes artistes, “fumistes”, “hirsutes” ou “je-m’en-foutistes”, comme ils se nomment eux-mêmes de manière significative, de rompre avec le passé, avec le monde bourgeois, d’innover de façon géniale, au nom de cette conviction que “la vraie vie est ailleurs”. Je raconte leur histoire, du reste passionnante. Du coup, le XXe siècle sera un siècle de déconstruction des “classiques” comme jamais dans l’histoire de l’humanité : déconstruction de la tonalité, de la figuration, de l’intrigue, des règles du théâtre, voire du cinéma.

Mon idée est que, derrière cette logique bohème, soixante-huitarde et contestataire avant la lettre, se profile l’épanouissement du capitalisme moderne, de la mondialisation libérale. Dans la logique nouvelle de la compétition mondiale, il s’agit aussi d’innover, de rompre en permanence avec les traditions. Voyez Steve Jobs : comme Jeff Koons ou Damien Hirst, il doit lui aussi “bouger”, inventer du nouveau, faute de quoi il est mort, avalé par les concurrents. De là la réconciliation du bourgeois et du bohème dans la figure du bobo. De là aussi, la réconciliation de l’art contemporain avec la logique du marché et de l’argent qui l’inonde et le domine de part en part. Qui se passionne aujourd’hui pour lui ? Ni le prolétaire ni le paysan, mais les grands capitaines d’industrie qui communient désormais avec les bohèmes dans la logique universelle de l’innovation pour l’innovation. Marx avait raison : le capitalisme, compétition oblige, c’est la révolution permanente.

Chassé de l’art, le sens du beau ne s’est-il pas réfugié dans des arts décoratifs ou mineurs : BD, design, haute couture ?
Oui, c’est vrai, les retombées positives – je veux dire par là : réellement émancipatrices et créatrices – de cette gigantesque déconstruction se sont souvent révélées bien davantage dans d’autres domaines que celui de l’art proprement dit. Entre une Bugatti ou une Jaguar des années 1950, une belle Jaeger-LeCoultre, une collection de Saint Laurent ou d’Ungaro d’un côté, et un Soulage, un Basquiat ou un concert de Boulez de l’autre, je n’ai aucune hésitation : je choisis la voiture, la montre et la collection, qui me touchent infiniment plus. Ce que l’art moderne a voulu libérer – l’inconscient, le sexe, l’irrationnel, le bizarre, l’absurde, le choquant, l’altérité, la dissonance, le corps, la féminité des hommes, la virilité des femmes, l’enfant en nous, bref tout cela qui pourrait avoir sa place dans l’art, y être transfiguré dans l’élément de la beauté, le fut plutôt ailleurs : dans le monde des objets plus que dans celui des “oeuvres”. Du reste, les artistes contemporains les plus en vue, Koons et Hirst en tête, l’ont compris : ils donnent de plus en plus clairement dans la “déco”, dans des productions qui ressemblent sans cesse davantage à des clips ou des affiches de pub, comme la BMW multicolore ou le veau au formol…

Aujourd’hui, ce n’est plus l’œuvre qui érige son auteur en artiste, c’est le fait de se proclamer artiste qui érige automatiquement sa production en oeuvre. N’est-ce pas un pro cédé commode pour rendre impossible tout jugement esthétique ? Le jugement esthétique est-il encore possible quand il n’y a plus de consensus sur la définition de l’art ou du beau ?

Vous dites vrai, sauf sur un point : devenir riche et célèbre reste terriblement difficile. Hirst ou Christo ont des équipes énormes derrière eux, ils dépensent des fortunes pour se mettre en scène et ils ont un sens formidable du marketing. C’est tout un travail, du même ordre que celui qui consiste à vendre un nouvel iPhone. Mais là où vous avez raison, c’est que, dans les siècles passés, l’oeuvre était plus importante que l’artiste. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle était d’abord et avant tout conçue comme la belle incarnation d’une “grande idée”, d’une idée plus importante que l’auteur, dans un matériau sensible.

L’art, c’était d’abord la mise en scène de symboles éthiques, intellectuels ou spirituels majeurs, communs à un peuple ou à une époque, donc plus grand que l’artiste, dans une réalité qui semble a priori réfractaire à l’esprit : le marbre du sculpteur, la couleur du peintre, les vibrations sonores du compositeur… L’art grec, par exemple, cherchait à traduire par le visage calme et serein des statues, par la juste proportion des corps ou des temples, une vision générale de l’univers où l’harmonie cosmique joue un rôle central. Le Moyen Âge célébrait de mille façons les splendeurs du divin. Avec l’art hollandais, magnifique héritier de la réforme protestante, une troisième révolution s’opère, à nulle autre pareille :c’est désormais l’humain comme tel qu’il s’agit de mettre en scène. Dans les toilesdePieter De Hooch, Ter Borch, Jan Steen, Van Brekelenkam, Van Ostade ou Vermeer, les personnages représentés n’appartiennent plus nécessairement à la mythologie grecque ou à l’Histoire sainte. Ils ne sont pas non plus forcément des “grands hommes”, les héros de batailles fameuses, mais de simples humains : une laitière qui prépare sa crème, une femme qui s’est déchaussée pour lire un roman, une fillette jouant avec son petit chien, des hommes dans une taverne en galante compagnie, une épouse qui se querelle avec un mari aviné… Bref, l’idée à incarner de façon belle dépassait de loin la petite personne de l’artiste, elle appartenait à un monde com mun à tout un peuple, voire à toute une époque.

Aujourd’hui, l’originalité et l’innovation priment tout. C’est donc l’artiste qui se met en scène. À peu près personne, à Leipzig, ne connaissait le nom de Bach, mais nombreux sont ceux qui l’écoutaient dans les églises. Tout le monde connaît Boulez et Stockhausen, mais qui écoute leurs oeuvres ?

L’art contemporain se caractérise par un passage de l’œuvre au discours, par l’invasion du champ artistique par une pensée pseudo-philosophique qui entend expliquer le monde. Pas une œuvre, aujour d’hui, qui ne prétende, par exemple, redéfinir “notre rapport à l’espace et au temps”. Comment le philosophe que vous êtes juge-t-il cette prétention ?
Quand l’œuvre n’est pas belle mais ne vise qu’à choquer, à innover, à prouver que l’artiste est génial, qu’il a un “message”, un discours pompeux prend presque toujours le relais. À Beaubourg, il faut lire les commentaires qui figurent sous les œuvres. C’est souvent à pleurer de rire de jargon pseudo-philosophique. Voyez encore, tout récemment, l’exposition Boltanski au Grand Palais, avec cette grue qui ramasse des fripes dans un grand hall gelé : comme c’est clairement moche et sans intérêt, il faut qu’on vous bassine avec des considérations sur la mort, le destin qui frappe au hasard et autres poncifs consternants. Le plus comique, c’est que ça marche auprès des gogos, à commencer par les ministres de la Culture qui rivalisent de démagogie parce qu’ils sont tétanisés d’angoisse à l’idée de passer pour des ploucs…

Les expositions d’art contemporain se multiplient dans les temples de la culture classique, comme encore ces jours-ci Murakami à Versailles. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que ce n’est pas une manière d’imposer cet art, par argument d’autorité, à un grand public pour lequel, bien souvent, il n’apparaît toujours pas légitime plus d’un siècle après son apparition ? Quel est selon vous le rôle des pouvoirs publics dans ce processus ?
Versailles est une grande entreprise, qui doit largement s’autofinancer. On est donc dans la logique de cette réconciliation de l’art et du marché que j’évoquais tout à l’heure. Je trouve que, de ce point de vue, mon ami Aillagon fait un travail formidable et utile, qui permet aussi, ne l’oubliez pas, de restaurer magnifiquement le château. Quant aux critères esthétiques, les miens sont différents, mais, après tout, est-ce si grave ? Il n’y a pas mort d’homme non plus…

Devenu art officiel, l’art contemporain se présente toujours comme iconoclaste, comme un art non conformiste. Comment expliquez-vous cette contradiction ?

Octavio Paz l’avait bien expliqué déjà dans ses conférences de 1972 sur le destin de la poésie moderne : «L’art moderne, écrivait- il alors, commence à perdre de ses pouvoirs de négation. Depuis des années, ses négations sont des répétitions rituelles : la rébellion est devenue procédé, la critique rhétorique, la transgression cérémonie. La négation a cessé d’être créatrice. Je ne dis pas que nous vivons la fin de l’art, nous vivons celle de l’idée d’art moderne. » Oui, c’est une évidence, l’art contemporain hésite sans cesse entre deux logiques mortelles pour lui : il est soit subventionné par l’État, soit submergé par l’argent et intégré à la logique du marché. Qu’il ait cessé d’être subversif crève les yeux.

Déjà Marcel Duchamp estimait appartenir « à un monde d’après l’art ». Voyez-vous, dans la production actuelle, des courants qui échappent au nihilisme général ? Y a-t-il selon vous moyen de ressusciter l’art ? Cela passe-t-il par une réconciliation avec la tradition, une renaissance du figuratif, un retour à une forme d’humanisme ? C’est la grande question.

Il me semble que c’est dans le domaine de la littérature que des réponses nouvelles à la crise des avant-gardes commencent le plus clairement à apparaître. On y sort enfin des impasses du nouveau roman sans pour autant revenir en arrière.

Des auteurs comme Philip Roth ou Milan Kundera sont totalement de leur temps et, cependant, ils ont eu le courage d’en finir avec l’obligation mécanique de casser l’intrigue et la psychologie des caractères pour faire moderne. Leurs personnages et leurs intrigues tiennent la route. Tous deux nous parlent de l’amour, du sexe ou de la vieillesse (par exemple dans Risibles amours ou Exit le fantôme) avec une lucidité cruelle et une crudité qui eussent été tout simplement inimaginables tant que les aventures de l’art moderne au XXe siècle n’avaient pas émancipé les dimensions souterraines de l’humain.

Ce fut là, à mes yeux, la principale et peut-être unique vertu des avant-gardes au XXe siècle. Non pas créer de la beauté – il y en a si peu –, mais permettre à ceux qui venaient après de nous offrir des œuvres nouvelles en libérant les dimensions affectives, inconscientes, absurdes ou violentes, mais aussi émouvantes de cette humanité que les classiques sous-estimaient. À quand l’équivalent pictural et musical ?
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par carolus le Dim 15 Juil 2012 - 12:35

Excellent article dans lequel Philippe Muray pose la question : Art contemporain - une escroquerie ?
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/art-contemporain-une-escroquerie-108397
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par Thierry Marié le Dim 22 Juil 2012 - 0:55

Je trouve que cet extrait est vraiment clair. Baudrillard a réussi à décrire en quelques mots les ressorts d'une supercherie qui parfois nous agace sans que l'on puisse en démonter rapidement le mécanisme. Ici, tout est dit, vite et bien. Le roi est nu, et il n'y a même plus de roi.

" « Toute cette médiocrité prétend se sublimer en passant au niveau second et ironique de l’art. Mais c’est tout aussi nul et insignifiant au niveau second qu’au premier. Le passage au niveau esthétique ne sauve rien, bien au contraire : c’est une médiocrité à la puissance deux. Ça prétend être nul. Ça dit “je suis nul !” — et c’est vraiment nul (1). »"
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par carolus le Dim 22 Juil 2012 - 7:20

Je découvre ce matin que le prix Vermeer a été attribué à Marlène Dumas ... Vermeer se retourne dans sa tombe ..
Quand est ce que Jean Michel Jarre recevra le prix Beethoven ??
http://www.johannesvermeerprijs.nl/pers.php?lang=en
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par mathlma le Dim 22 Juil 2012 - 20:57

@Yann

Ce prix n'existe que depuis 2008. Je pense qu'il a pour seul but de légitimer et de faire monter la côte de certains artistes.

Je te trouve vraiment mauvaise langue (ironie). Comparons un peu le travail Vermeer et de Marlène Dumas (c'est vrai que c'est dur de mettre ces deux noms dans la même phrase).



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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par Thierry Marié le Lun 23 Juil 2012 - 4:41

Il est vrai que Yann est mauvaise langue de comparer Jean-Michel Jarre à Marlène Machin. Smile

Mais voici à présent un candidat pour le prix Leonard de Vinci : une patate pour la tête, deux ronds pour les yeux, et hop ! Pourquoi on s'emmerde avec nos proportions, nous ! L'art, c'est facile et spontané, il suffit d'avoir du swing.

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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par carolus le Ven 27 Juil 2012 - 6:52

@Mathlma : cette peinture de Vermeer est un chef d’œuvre de délicatesse.

@Thierry : cette vidéo illustre bien un point : le réalisme nécessite une maitrise technique et la maitrise technique demande naturellement beaucoup beaucoup d'efforts. Ces efforts peuvent être dissuasifs, alors nombreux sont ceux qui tombent dans l'effet. L'effet est souvent immédiat et facile à réaliser parce qu'il ne demande aucun effort (exemples : le gros sel combiné à l'encre, le dessin à la ficelle, le dripping, etc.) parce que son produit est accidentel. En bref, l'effet s'oppose à la maitrise.
Pire : la maitrise est explicite (la volonté de l'artiste est parfaitement exécutée grâce à du métier, un savoir-faire) tandis que l'aspect aléatoire de l'effet (ou de façon plus globale l'abstraction) éveille l'imaginaire du spectateur (ex: voir des formes réalistes dans des tâches). De facto, le spectateur participe à l'"œuvre", ce qui le flatte (élévation au niveau de créateur) et c'est ainsi que certaines personnes (un peu trop orgueilleuses) déclarent (avec plein de mauvaise foi) préférer la gratuité et l'inconsistance d'un dripping à une œuvre maîtrisée qui leur renvoie leur nullité (agression).
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par Thierry Marié le Ven 27 Juil 2012 - 7:37

En effet Yann, ce que tu dis me semble évident. La paresse et l'orgueil sont les deux mamelles de la médiocrité, quels que soient les sophismes par lesquels cette médiocrité se justifie. Une oeuvre médiocre flatte la médiocrité du spectateur, tandis qu'une oeuvre brillante brise son orgueil en manifestant de manière éclatante la distance qui le sépare de la qualité. Pire, elle montre au médiocre qu'il est un gros paresseux et que par conséquent il est responsable de sa médiocrité, ce qui le brise une seconde fois.

C'est aussi pourquoi l'esprit de médiocrité a inventé l'argument selon lequel "tout est subjectif", et en particulier la beauté, que l'on a fait répéter comme un mantra à plusieurs générations, pour bien lui laver le cerveau.

Pour autant, l'effet à aussi sa place en art car il est bien entendu possible "de maîtriser un effet" ou de le circonscrire à un rôle déterminé. Ceci est particulièrement vrai dans les arts du feu, ou la cuisson introduit effectivement une part d'aléatoire, mais seulement la part que lui assigne l'artiste. L'abstraction peut aussi manifester une grande maîtrise des matériaux que l'on emploie, en particulier dans les arts décoratifs.

Cependant la base de tous les arts plastiques est le dessin objectif fondé sur l'observation de la nature. Quand cela manque, on ne va pas bien loin.

Ensuite, chacun, bien sûr, a le droit de s'amuser comme il veut. Le problème se pose quant des oeuvres médiocres ou complètement nulles sont validées institutionnellement et donc données en exemple, car elles deviennent alors des critères dont se servent les éducateurs et les médias.

Notre difficulté est donc double : non seulement nous devons enseigner les principes de l'art mais simultanément opérer un travail de désintoxication mentale en remontant le courant des idées reçues. Et bien que cette dernière tâche soit un travail de libération, il peut être perçu - grâce à la perversité de l'inversion moderniste - comme une agression contre la sensibilité et une preuve de rigidité mentale teintée d'odieuse prétention. Neutral
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par carolus le Ven 27 Juil 2012 - 10:37

Je suis d'accord avec la nuance que tu fais concernant l'effet.
James Gurney réalise dans cette vidéo un effet de feuilles au couteau parce que peindre la complexité du feuillage avec fidélité serait fastidieux:

Je n'ai rien contre de l'effet à condition qu'il soit ponctuel, intentionnel (peinture) et bien entendu maîtrisé.
Je bannis par contre les effets gratuits/fantaisistes/"esthétiques qui n'apportent rien au projet artistique et qui pourraient brouiller la clarté de l'intention. Un film vieillit par un effet sépia a un sens s'il s'agit par exemple d'un film d'époque. Par contre, une photo de mariage avec un effet sépia peut déranger (kitcherie).
Effectivement, l'effet esthétique a sa place s'il s'agit de déco. J'avancerais même que l'utilisation abusive des effets dans les mauvais cours d'art indique une indifférenciation généralisée entre l'art et la décoration.
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Re: Créateurs en mal de provocation

Message par Thierry Marié le Ven 27 Juil 2012 - 11:14

Ce qui conduit à produire des "tableaux" qui pourraient aussi bien être des motifs de papier-cadeau, pour les effets les plus réussis.
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